Banques, Crédits et Entreprises à la fin 2008

Le plan de relance français prévoyait une splendide enveloppe de 360 milliards d’euros afin de donner aux banques françaises les liquidités nécessaires pour continuer à prêter aux entreprises. Non content de cette enveloppe, le président avait aussi demandé la création express d’un médiateur de crédit capable d’aider les PME et les TPE à obtenir les crédits dont elles avaient besoin tout en forçant les banques à distribuer l’argent perçu.

Le système économique devait continuer à marcher, l’argent devait continuer à circuler. La banque de France sort aujourd’hui son enquête sur la distribution des crédits par les banques aux entreprises francais sur le dernier trimestre 2008 (octobre, novembre et décembre 2008)

En voici les grandes lignes

Les critères d’octroi des crédits :

Sur le 4e trimestre 2008, les banques ont tout de même durci leurs critères d’attribution de crédits aux entreprises mais moins qu’au trimestre précédent. Basés sur une enquêtes déclaratives, les résultats montrent que seulement 5% des entreprises mentionnent un durcissement sensible contre 1/3 au 3e trimestre.
Néanmoins ce durcissement demeure plus important pour les PME que pour les grandes entreprises.

Pour 2009, les banques ont fait part de leur volonté d’atténuer les critères d’attribution, voir même à les assouplir pour les grandes entreprises.

Comme au 3e trimestre 2008, le durcissement des conditions d’octroi des nouveaux prêts s’est accompagné par une augmentation des marges (moins prononcée pour les prêts présentant un risque jugé « moyen ») et par des réductions du montant total des prêts accordés.
Bon point pour les banques, ces dernières ont peu modifié la durée des financements allant même jusqu’à tempérer leurs exigences sur les garanties requises des emprunteurs.

La demande de crédit :

D’un autre côté les banques font état d’une baisse de la demande de crédits des entreprises, jusqu’à’à la qualifier de sensible. Un baisse de la demande jamais atteinte depuis le 4e trimestre 2002 (date de création de l’enquête par la banque de France). La baisse de la demande de crédits a surtout concerné les PME plutôt que les grandes entreprises, et est gloabelement attribuée au recul de l’investissement. Nous pouvons peut-être aussi corréler ces chiffres avec la hausse des défaillances d’entreprises (surtout TPE et PME) et peut-être aussi la baisse du nombre de création d’entreprise.

Les estimations pour 2009 des banques anticipent une baisse continue de la demande de crédit.