Investir dans le forex, mais pas n’importe comment

forex

De par ses nombreux atouts, le marché des devises, ou Forex (Foreign Exchange), séduit de plus en plus les particuliers. Les offres de courtage pullulent, appâtant le chaland attiré par le puissant effet de levier. Pour éviter les mauvaises surprises, suivez les conseils de professionnels agréés.

L’engouement pour le trading des devises est tel que le Forex est le marché le plus liquide au monde et, grâce à l’intervention des banques centrales, le deuxième plus « gros » en termes de volumes derrière celui de la dette. Tous les jours (sauf le week-end), environ 5.000 milliards de dollars sont échangés ! Les cambistes doivent beaucoup à Nixon, qui a libéralisé les taux de change, et à l’avènement d’Internet. « L’accès aux particuliers s’est développé dans les années 1990 avec la montée en puissance des nouvelles technologies », nous explique Pierre- Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque, l’un des trois brokers de référence sur le Forex, avec IG Markets et FXCM. « Ils pouvaient auparavant traiter avec leurs banques, mais les montants minimum de transaction et les spreads étaient très élevés, ce qui rendait les opérations coûteuses. »

Les effets de levier

Mais attention : si le Forex dispose de plusieurs atouts séduction (cotation 24 heures sur 24, diversité des devises, faibles coûts de transaction), c’est aussi un marché « complexe », selon Arnaud Poutier, directeur d’IGFrance. « C’est un marché de gré à gré, où la gestion du risque est essentielle », compte tenu de la possibilité d’appliquer un levier très important à sa mise (les dérivés listés ou les CFD perdent de leur intérêt sur ce marché). L’investisseur peut donc perdre plus que la somme engagée. Aux Etats-Unis, les autorités de régulation limitent le levier à 50. La limitation est de 20 à Hongkong. Et en France ? « Le marché n’est pas encore régulé », déplore Ilies Larbi, directeur général France de FXCM, qui souligne que, selon une étude menée par le broker, « ce sont les Asiatiques qui traitent avec le plus de succès du fait de leviers réduits ». Il préconise un levier de 5, d’ailleurs privilégié par les clients professionnels du broker, qui peuvent le pousser à 10 pour du court terme. La gestion du risque, pour Arnaud Poutier, passe par un simple calcul, un rapport entre le gain espéré et les pertes potentielles. « Si le ratio est inférieur à deux, ne passez pas l’ordre. »

Le choix du courtier est primordial. Attention aux chypriotes, « proches de l’industrie des jeux en ligne », tance Pierre-Antoine Dusoulier, ajoutant qu’« il est souhaitable que son courtier soit agréé et régulé en France, de préférence avec un statut bancaire, pour un niveau plus important de garanties ». Plus le courtier sera un acteur majeur du marché, plus la liquidité sera importante. Et la liquidité est un facteur essentiel à la bonne exécution des opérations, qui se feront également à un coût plus faible. « La clientèle française a la chance d’avoir sur son sol les trois plus gros brokers », indique Ilies Larbi. Pour les débutants, il est important de se former et d’ouvrir un compte de démonstration, qui permet de simuler des passages d’ordres dans les conditions réelles du marché. « Cela permet à chacun de s’essayer sur le marché, de tester sa stratégie », recommande Ilies Larbi. Des webinaires et des séminaires sont également mis à la disposition des clients.