L’avenir des moyens de paiement en France

A la demande du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, une étude sur l’avenir des moyens de paiement en France a été réalisée par MM. Pauget et Constans, l’objectif étant de dresser un état de lieux de l’usage des modes de paiement et d’identifier les évolutions des outils existants, ainsi que les innovations qui permettraient d’en créer de nouveaux.

Analyse du secteur

La carte bancaire est reine en France

Une faible proportion des transactions en espèces, une très forte utilisation de la carte bancaire et un recours significatif aux chèques caractérisent les habitudes françaises de paiement par rapport aux autres pays européens.

Le rapport note que les attentes des consommateurs, des commerçants et des pouvoirs publics pour ces services de paiement se concentrent principalement autour des notions de facilités d’usage et de sécurité des transactions. Le prix du service de paiement reste également un enjeu important pour l’ensemble de ces acteurs.

Par ailleurs, le système bancaire doit s’adapter aux évolutions technologiques, mais aussi à la nouvelle réglementation prudentielle en matière de liquidités et aux changements d’architecture des circuits avec la mise en place progressive de l’espace unique de paiements en euros (projet SEPA) qui aurait tendance à réduire les marges financières des banques, notamment sur les virements et les prélèvements.

La montée des nouveaux moyens de paiement

Le système bancaire se voit de plus en plus concurrencé dans le domaine des services de paiement par des acteurs d’origine non bancaire du fait des progrès des technologies numériques qui permettent de remplacer progressivement l’utilisation des cartes bancaires par des moyens de paiement sans contact via les ordinateurs et les téléphones intelligents.

Les pistes de réflexion

Le rapport présente une vingtaine de propositions pour adapter les moyens de paiement existants aux évolutions du marché liées notamment aux innovations technologiques et à la présence de nouveaux acteurs, tout en améliorant la sécurité et en réduisant les coûts pour l’ensemble des parties prenantes. Ces propositions répondent aux principaux objectifs suivants :

  • faciliter les paiements sécurisés en ligne ;
  • développer des moyens de paiement en face à face modernes, notamment par la carte ;
  • accélérer et accompagner la réduction du rôle du chèque ;
  • encourager des modèles économiques performants, ouverts et concurrentiels ;
  • mobiliser les pouvoirs publics (et en particulier les administrations locales et les établissements publics) ;
  • et enfin, définir des actions concrètes au niveau national.

3D Secure, une solution pour développer les paiements en ligne en les sécurisant

Les idées mises en avant dans le rapport pour atteindre ces objectifs consistent notamment à garantir une sécurité maximale des paiements par Internet en généralisant l’utilisation du dispositif d’authentification « 3D SECURE », développer les paiements par carte pour les petits montants dans le commerce de proximité, fixer un objectif intermédiaire de réduction de moitié en 5 ans du nombre de chèques émis en France, accélérer les efforts d’équipement des administrations locales et des établissements publics en terminaux de paiement électronique pour l’acceptation des cartes bancaires et à encourager les paiements en ligne au sein de l’administration.

Enfin, un projet intitulé « Paiements 2016 » pourrait être mis en place à partir de l’automne 2012 en vue de matérialiser une stratégie française efficace des moyens de paiement du futur. Les acteurs de la place seraient sollicités en vue de fixer un échéancier de réalisation des actions prioritaires retenues, une évaluation des moyens nécessaires, une répartition de la charge de financement et un dispositif de suivi.

En conclusion, nous vous conseillons de lire cet excellent rapport sur l’avenir des moyens de paiement en France (MM. Pauget et Constans, mars 2012). Néanmoins encore une fois en France nous nous laissons le temps de réfléchir, d’analyser et de lancer de nombreuses études au lieu d’innover. Espérons que ces diverses réflexions portent leurs fruits prochainement.

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